La transition à l’épreuve de la clameur populaire, entre désinformation et discrédit (Marouane)

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Tout n’enchante pas à la première écoute, il faut du temps à cela !

Depuis le 05 septembre dernier, la Guinée vit au rythme d’un État où la rancune s’est donnée rendez-vous, où la clameur populaire a trouvé ses racines et où la dénonciation fallacieuse est devenue le sport roi. Mentir pour être approché,  dénoncer pour être vu et délatter pour être entendu, c’est le quotidien caractérisant de tout Guinéen à l’aide d’une simple page Facebook où se sont données rendez-vous toutes les insalubrités et insanités de notre époque, dominée par la forte croyance virtuelle.
Aujourd’hui, très malheureusement, la démocratie populiste l’emporte face aux vraies réalités du moment. On a même l’impression que l’essentiel du pouvoir est dans la rue, et la légitimité tire son originalité à la satisfaction et au contentement des coureurs de bruits.
Puisque le moment est favorable à l’intoxication, des mauvais esprits se plaisent dans cela.
Ils racontent tout, du n’importe quoi sur n’importe qui.
La preuve : Au lendemain du coup d’État du CNRD, une vaste campagne de nuire à un ancien Ministre de la République.
Certains ont affirmé que Tibou Kamara a été arrêté à une frontière avec un montant de 600.000 $. Chose qui n’était possible que dans un conte de fées de la fiction. Car, le lundi 06 septembre il a répondu à l’appel du Président du CNRD au Palais du peuple en compagnie de certains anciens dignitaires du régime Condé.
Ensuite, il a été raconté ici que le même Tibou Kamara a été arrêté à son domicile privé avec près de 2.000.000$, qu’il était en contact avec des mercenaires russes, chose qui était également infondée.
Et maintenant, on l’accuse de vouloir quitter le pays pour des raisons de santé.
Non, Tibou n’est pas un froussard. En 2008, à la suite du coup d’État militaire du CNDD, Tibou n’était pas en Guinée. Il était au Maroc, chez son épouse.
Contre toute attente et contre la volonté de sa famille, Tibou a embarqué l’avion pour répondre à l’appel du Capitaine Dadis Camara.
Non, Tibou ne cache pas un cadavre dans son placard. Il n’a ni une maladie qui nécessite une évacuation et n’est ni demandeur d’un quelconque voyage médical.
Il est fin prêt à affronter la justice de son pays pour tout reproche à son encontre.
Aujourd’hui, il s’est imposé un temps de silence, un temps de méditation et un temps de reconstruction personnelle pour avoir plus de temps pour lui-même et pour sa famille.
Il est coupé de tout le monde, il ne parle à personne en dehors de ses proches qu’il sélectionne à sa discrétion.
Il faut au moins respecté ses choix du moment.
Le temps pour lui de parler viendra et il le fera comme à ses habitudes.
Rien ne va le sortir de son silence ni l’amener à des répliques inutiles face au tourbillon de mensonges pour salir son image et son honneur.
Les faits sont sacrés et les commentaires sont libres.
Jugez sans condamner !
J’ai l’impression que certains ont la mémoire de poule. On oublie vite dans ce pays des paradoxes proclamés où la stupidité fait bon marché.
Le travail de l’ombre abattu par Tibou Kamara auprès de l’ancien régime est illustratif.
Combien d’opposants injustement incarcérés ont témoigné du rôle très discret de Tibou ? Du doyen Amadou Diallo à Madic sans frontière en passant par le SLECG de Soumah, Tibou n’a jamais revendiqué un succès.
Il avait même porté le titre de Porte-parole de l’opposition dans la mouvance.
Il a assumé ses positions et n’a jamais renié ses convictions comme c’est l’habitude dans le pays, face aux intérêts du moment. Il en a souffert et semble condamné à en payer le prix dans un pays de postures et d’impostures.
Est-ce un crime de vouloir toujours rester soi-même quand d’autres se donnent le droit d’avoir le destin de la feuille morte ?

Bonne méditation !

Marouane, éditorialiste.

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