Meurtre d’un policier à Wanindara : le tribunal de Dixinn condamne 6 personne à 30 ans de prison

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Le procès dans l’assassinat à Wanindara du policier Bakary le 8 novembre connait son épilogue. Ce mardi 26 novembre, le tribunal criminel de Dixinn a rendu dans cette affaire qui a suscité de vives réactions pendant un bon moment en Guinée. Dans sa décision, le tribunal de Conakry 2 a condamné à 30 ans de prison 6 personnes qui sont accusées d’être impliqué dans l’assassinat de ce policier en haute banlieue de Conakry.
Dans cette même décision, la juridiction de Dixinn a acquitté 7 autres personnes pour délits non constitués. Ces personnes rentrent donc chez eux après plus de deux mois passés entre la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et la maison centrale de Conakry. A signaler que la libération des 6 personnes a été possible grâce aux réquisitions du procureur de la République qui avait demandé leur acquittement mais aussi des plaidoiries des avocats de la défense.
Après l’assassinat du policier Bakary, les services de défense et de sécurité avaient érigé un siège dans ce quartier populaire de la haute banlieue de Conakry réputé favorable à l’opposition notamment de Cellou Dlaien Diallo, un des candidats malheureux de la présidentielle du 18 octobre qui s’est soldée par une victoire controversée d’Alpha Condé qui briguait un troisième mandat contesté.
Plusieurs personnes avaient été arrêtées et conduites nuitamment à des destinations inconnues. Une situation qu’avait dénoncé bon nombre d’observateurs qui pointent du doigt ‘‘une exaction’’ des forces de défense et de sécurité et une volonté manifeste de bâillonner des adversaires politiques et d’étouffer tous les mouvements de contestations.
Dans une de ses sorties médiatiques, le directeur général de la police a laissé entendre que la police se vengerait de la mort de son agent et qu’un dispositif sécuritaire ‘‘costaud’’ serait déployé à cet effet.
« Je voudrais profiter de vos antennes pour dire au maire de Ratoma, aux chefs de quartier que ces jours-ci, nous ferons le ratissage pour que ceux qui sont en train de tirer sur nous afin qu’on puisse savoir d’où viennent-ils, à la solde de qui ils sont », avait déclaré le contrôleur général de police Ansoumane Camara alias Bafoué.
Quelques jours plus tard, ce ‘’dispositif costaud’’ car tout le quartier a été quadrillé et opérations policières se menait nuitamment jusque dans les concessions et plusieurs personnes ont été arrêtées et conduits dans les geôles du pays. Cette manœuvre du pouvoir de Conakry a été qualifiée par les défenseurs des droits de l’homme de ‘‘dérive autoritaire » et de violation grave des droits de l’homme.
Dans la même foulée, le directeur général de la police a fait une nouvelle sortie médiatique très controversée. Dans cette sortie, le Général Bafoué a indiqué que les services de sécurité vont terroriser les populations de Wanindara puisque selon lui, cette partie de la Guinée est habitée par des terroristes.
« Ils devraient se dire que vu ce qui est arrivé au policier là, nous les citoyens de Wanindara on est en danger. Ils devraient même féliciter la présence de la sécurité dans leur quartier en profondeur. Mais s’ils disent qu’ils sont terrorisés, stigmatisés, ils vont être terrorisés parce que c’est des terroristes qui sont dans le quartier là-bas. Mais Billaye, les bandits qui sont là-bas, qui vont fumer la drogue dans les ghettos, les temples, il faut qu’on les gâte, parce que Wanindara quand-même fait partie de la Guinée, surtout que je ne vois pas une église là-bas, malgré que la religion chrétienne prône aussi la paix. Mais dans ce quartier là-bas, il n’y a que des confrères musulmans comme moi, qui sont là-bas et moi je sais que là où se trouvent les musulmans, c’est la paix, la tolérance. Pourquoi si on tue l’enfant de quelqu’un, l’imam vient dire laisse à cause de Dieu, on fait des sermons et tu pardonnes. Pourquoi, ils acceptent qu’on nous tue et il n’y a pas de remords ? Pourquoi ? mais on est des musulmans comme eux, donc il faut que Wanindara soit nettoyé ».
Cette dernière sortie avait suscité l’indignation de plus d’un. A ce jour, même si la présence des forces de l’ordre est peu constatée Wanindara, les stigmas des violences policières restent dans les esprits.

Thierno Sadou Diallo

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